OMEGA·Ω
Recherche & méthode

Une architecture cognitive de la double route.

OMEGA est né comme un moteur de pendu français — un banc d'essai exigeant pour une idée : une machine qui raisonne sur la langue (phonologie, orthographe, morphologie) plutôt qu'elle ne consulte un oracle. Le correcteur dys en est le débouché appliqué.

La doctrine : mesurer ou rejeter

Une seule règle gouverne le projet : rien n'est gardé sans mesure. Tout module est désactivé par défaut, et la base de référence reste byte-identique tant qu'un gain n'est pas prouvé. Les idées séduisantes qui ne tiennent pas à la mesure sont falsifiées et documentées — pas enterrées.

« Cognition > oracle » : la valeur est dans le raisonnement, pas dans la triche. La configuration de référence ne lit jamais le mot caché.

La décision n'est pas un argmax mais une jointe probabiliste : on marginalise sur les hypothèses latentes — Σφ P(φ|indice)·P(lettre|φ,contexte) — au lieu de parier sur la plus probable. On croise, on ne devine pas.

Le banc d'essai : le pendu

Deviner un mot français lettre par lettre, sous contrainte, est un test sévère de modèle de langue : il faut intégrer la structure orthographique, les voisins, la phonotactique. La configuration cheat-free intégrale (qui ne lit jamais le mot caché) atteint ≈ 97,3 % de parties gagnées ; le plafond oracle (qui, lui, triche) est à 98,7 %.

≈ 97,3 %victoires, sans jamais lire le mot caché
155 kmots du lexique embarqué
OFFtous les modules par défaut (R66)

Le substrat partagé : la double route phono↔ortho

Pendu et correcteur sont la même machine pointée dans deux directions sur le canal son ↔ écriture :

  • Le pendu modélise P(orthographe) et complète le masqué — il encode la structure.
  • Le correcteur inverse le bruit sur cette même structure : d'une surface corrompue, il remonte à l'intention — il décode.

Chacun combine une voie lexicale (le mot existe-t-il ?) et une voie sublexicale (règles graphème↔phonème), arbitrées par leur fiabilité — exactement la double route de la lecture chez l'humain.

De la défaite du pendu à la dyslexie

Le constat-clé : le profil de défaite du pendu ressemble à une signature dyslexique — il échoue majoritairement sur les confusions voisée / sourde (p/b, t/d…), exactement le type d'erreur phonologique au cœur de la dyslexie. Quand le moteur perd, il perd comme un lecteur dys.

D'où le sous-projet dictée diagnostique, puis le correcteur dys : le moteur qui modélise le canal d'erreur devient l'outil qui le corrige.

Le débouché : le correcteur dys

Détecter et corriger sans corrigé, en contexte, avec une garde cardinale : zéro faux positif. Un résultat récent illustre la méthode — la garde « §3 » : là où une règle plate lisait un étiquetage grammatical dur (et souvent faux : « faute » étiqueté verbe alors que 99 % de ses usages sont des noms), un posterior fréquentiel P(catégorie|forme) tranche correctement — récupérant des corrections justes et baissant les fausses alertes à la fois.

0faux positif (batterie dys)
6 % → 2 %fausses alertes sur français réel
3moteurs en parité (app · extension · Python)

Voir le correcteur, côté produit →

Ce qu'on a essayé… et rejeté

L'honnêteté des résultats négatifs fait partie de la méthode. Mesuré, puis écarté :

  • un « C cognitif » léger appris, puis un transformer lourd — parité au mieux avec une heuristique simple, parfois pire.
  • le pendu de phrases comme levier de victoire — le partage de lettres fuit les fins de mots.
  • plusieurs élargissements du correcteur (edit-distance 2, relâche de gardes…) — chacun rouvrait des faux positifs, donc non câblé.

Garder la trace de ce qui ne marche pas évite de le refaire — et rend crédible ce qui marche.

Un second dérivé : OMEGA·KEY — messagerie chiffrée

Le même moteur, pointé ailleurs : une messagerie chiffrée de bout en bout tenant dans un seul fichier HTML, hors-ligne. OMEGA fournit le lexique (passphrases françaises prononçables) ; toute la cryptographie repose sur la WebCrypto standard du navigateur — aucun algorithme maison.

Le chat. Une carte Conversation chiffrée tient un fil de bulles, avec deux transports au choix : sans serveur — le message chiffré se copie tout seul, tu le colles à ton correspondant (et inversement) ; ou via un relais minimal (auto-hébergeable sur Deno Deploy en ~2 min) où, avec la même URL et le même code de salon des deux côtés, les messages circulent automatiquement, sans copier-coller — le relais ne transportant que du chiffré.

  • Passphrases FR prononçables — mots réels (12 bits/mot) ou pseudo-mots (8 bits/syllabe), entropie tirée de crypto.getRandomValues, sans biais modulo (listes en 2ⁿ, lecture de bits exacte — vérifié).
  • Clé partagée — PBKDF2-SHA256 310 000 itérations → AES-256-GCM, empreinte de clé vérifiable des deux côtés.
  • Double Ratchet — ECDH P-256 → forward secrecy et récupération post-compromission.
  • Par message — IV aléatoire 96 bits, intégrité par tag GCM. Le relais (optionnel, auto-hébergeable) ne voit jamais le clair.

⚠️ Démo, pas un produit de sécurité

Briques standard et bien employées (WebCrypto, IV uniques, pas de Math.random dans les clés), tests crypto automatisés en CI (entropie, round-trip, KAT du ratchet), numéro de sécurité anti-interception et historique chiffré au repos — mais le protocole reste assemblé à la main et n'a pas eu d'audit cryptographique formel. Pour de vrais secrets, utilise Signal.

À savoir : le relais voit les métadonnées (salon, horaires, tailles) · échange la passphrase par un canal sûr et compare le numéro de sécurité avec ton correspondant.

Ouvrir OMEGA·KEY Rapport / mode d'emploi

Aller plus loin

Les documents de fond (denses, en cours d'actualisation) :

Note d'honnêteté : le pendu est un banc de mesure, pas un produit. Le produit, c'est le correcteur. Ces deux pages décrivent l'état réel du projet, pas une vitrine.